Aujourd’hui 20 novembre: Moi 7 ans et mes droits de l’enfant

convention-droit-enfantJe suis né-e et je grandis dans la violence mais je ne le sais pas vraiment parce que personne  ne me l’a dit alors pour moi tout est presque normal.
J’ai 7 ans, mon père, il est fort, il cogne, il se moque, il humilie, il se croit malin et ça le fait beaucoup rire. Pas moi.
Mon père, il n’aime pas les femmes, il n’aime pas les enfants, encore moins les filles, et il n’aime pas les animaux, il n’aime rien ni personne, même pas lui-même, c’est un homme, un chef. Il me fait peur.

J’ai 7 ans, ma mère, elle a mal, elle souffre, elle pleure, elle se plaint, elle est bonne à rien, elle ne sait rien faire, c’est une femme, une moins que rien, c’est de la foutaise !
Ma mère, elle crie, elle hurle, elle tape, elle ment, elle est parfois comme une folle, elle me fait peur, elle n’aime pas les enfants.
J’ai 7 ans, j’obéis, au doigt et à l’œil, je n’aime pas les hommes, je n’aime pas les femmes, je ne respire pas, je ne rêve plus, j’apprends la haine, celle de mon corps et de moi-même.
Mon corps m’appartient ?  Oui, mais non, avant 18 ans, mon corps appartient surtout à mes parents et à certains autres adultes. Parce que sur mon corps, les adultes, ils peuvent lui crier, fort, le taper bébé, le cogner après, l’abuser aussi, le corriger et le dresser. Et ça leur fait du bien, je le sais. En vérité, mon corps est un objet.
Mon cerveau se construit ?  Oui mais mon cerveau c’est tout de suite qu’il doit fonctionner et être parfait parce que tu sais, ma pensée, les adultes, ils s’en moquent, facile !, ils l’humilient, profond, la piétinent, du talon, l’écrasent, à répétition. Et en plus, ça leur fait du bien, je le sais. En vérité, je suis bête, je ne vaux rien, je ne suis pas assez bien.
L’enfant parfait ?  Il ne faut pas bouger, pas faire de bruit, et pas parler. Il ne faut pas rire, faut pas pleurer, pas respirer. Il ne faut pas choisir, faut se retenir, se contrôler. Il faut être comme un objet, faut mesurer et ne pas déranger, les adultes, on ne sait jamais.
Deux enfants meurent chaque jour sous les coups de leur parent ?  C’est parce que les parents, ils ont le droit de taper et parfois, ils sont emportés, ils sont hors d’eux-mêmes, ils se déchaînent et puis ils tapent fort, alors forcément il y a des accidents. Il y a des adultes qui disent que ce sont des meurtres et des crimes et Moi, je crois qu’ils ont raison parce qu’on n’a pas le droit de tuer un enfant, même quand on est en colère.
Des fois, c’est l’enfant qui se tue parce qu’il croit qu’il est trop bête, qu’il est trop bon à rien, qu’il fait trop de bêtises ou qu’il n’écoute rien, et puis il coûte trop cher alors on le fait payer parce qu’en vérité les plus grands, les adultes ont tous les droits. Et l’enfant, quand il en a assez, il veut s’enfuir mais il ne peut pas, alors s’il est trop pas bien, il se tue, comme ça il ne les dérange plus, les adultes.
Les droits de l’enfant ?  Oui je sais, ça existe, mais ce n’est pas pour moi.
Je suis une personne et j’ai des droits ?  Non, non, des droits moi j’en ai pas, faut juste être un enfant parfait.
Ma quoi ? Ma dignité ?  Non, je ne sais pas ce que c’est, ils ne m’ont pas appris.
A ce jour, les enfants de France sont toujours privés de leur droit à leur intégrité physique et psychique, et cela malgré les recommandations du Conseil de l’Europe pour adopter une loi qui interdit, sans aucune ambiguïté, tout châtiment corporel à l’encontre des enfants (dans le monde, 34 Etats ont interdit les châtiments corporels contre les enfants).
(Article 19 de la Convention des droits de l’enfant signée par la France en 1995 : « Les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu’il est sous la garde de ses parents ou de l’un d’eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié.)
Pour signer la Pétition pour une loi abolissant les châtiments corporels contre les enfants
Patricia Lacombe
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